La Sainte Trinité apparaît comme une formule mystique, très christique, laquelle peut se résumer en « deux + un = trois » et « Trois=Un ». Cette formule tend donc à nous informer que « Un = deux + un », un paradoxe qui ne fait pas sens dans notre logique mathématique ou verbale.
La Trinité comme Alchimie du Un
La Trinité n’est pas trois formes de Dieu, ni trois parties, mais une dynamique unitive
la manière dont l’Unique se fait connaître, se fait proche, se fait vivant dans Sa créature.
Non pas un Dieu lointain qui règne, entouré d’ un ou deux « assistants »
mais Un Seul Esprit, se déployant en :
1. Principe
2. Image vivante
3. Souffle intérieur
Dans le langage renseigneur, on pourrait dire :
il y a Lui, il y a moi, et il y a l’esprit nouveau qui naît lorsque le moi se laisse complètement informer par Lui.
1. Le Père : l’Esprit Un, l’Indivisible
Dans cette lecture, Le Père, ce n’est pas un « Dieu masculin » qui trône au ciel.
C’est le Point Un
l’Origine invisible, l’Esprit de Principe, la Conscience Absolue que rien ne précède.
Il est Ahad **أحد**
l’Unique, l’Indivisible, la Source qui ne « devient » pas, qui ne change pas.
Il est l’Être Pur, l’Idée de toutes les idées, la Pensée de toutes les pensées.
C’est LUI L’UNIQUE à ÊTRE VRAIMENT EN VIE.
Tout le reste vit « en Lui », comme une expérience de Sa Conscience.
Le Père, c’est donc Dieu en Lui-même, avant toute relation, avant toute histoire
l’Un silencieux, la Source.
2. Le Fils : l’esprit créé, l’image, le « moi »
Le Fils, dans cette vision, ce n’est plus seulement un personnage historique (comme Jésus) à l’extérieur de soi.
C’est l’esprit créé, la créature consciente.
C’est le moi, celui qui se ressent comme « quelqu’un » ou une personne,
avec son corps, son histoire, un mental, des sensations, des sentiments, des désirs, des blessures : une mémoire.
Ce moi est un corps spirituel, ou « matière à penser », comme l’enfant est un corps biologique
il reçoit des « informations » de la Source, mais il se vit comme séparé, autonome, parfois même en conflit avec elle.
On pourrait dire
le Fils, c’est la conscience individuée
le point où l’Infini accepte de passer par la forme finie, pour se connaître dans une singularité précise :
moi, toi, chaque être humain.
Tant que le Fils se prend pour origine de lui-même, il est ego (je)
il vit dans la division, le « deux » : bien / mal, peur / désir, pour / contre.
Il est ce « moi » qui cherche Dieu, qui ignore Dieu, qui doute de Dieu, ou qui parfois se rebelle contre Lui.
3. L’Esprit Saint : l’union, fusion en l’esprit nouveau
Voici le cœur l’intuition. Il y a :
1. l’Esprit Un, le Père
2. l’esprit créé, le Fils
Et il manque le troisième terme
non pas cette troisième « personne » séparée, mais l’union vivante des deux.
C’est alors que se comprend, se révèle, se réalise l’Esprit Saint.
L’Esprit Saint, ce n’est pas « un autre Esprit » à côté de Dieu, c’est
Lui même, en acte, venant s’unir à l’esprit créé.
Quand le moi consent à ne plus être « son propre dieu », celui qui dit « je peux, je pense, je veux »
quand il se tourne vers la Source, qu’il se laisse éclairer, inspirer, reformater
alors se produit ce qui est décris
deux esprits entrent en union, ou communion.
Le résultat n’est pas « deux collés » mais un esprit « neuf« , le plus haut chiffre où « 9=1+8 » et « 3×3 » : « la Trinité au carré », « La Trinité par la Trinité« .
L’esprit humain est transfiguré, informé de l’intérieur par l’Unique.
On pourrait l’exprimer ainsi :
– Le Père, c’est Lui.
– Le Fils, c’est « le moi ».
– L’Esprit Saint, c’est Lui en moi,
– engendrant un esprit nouveau,
– où il ne reste plus que Lui comme Principe,
– et moi en toute transparence. En Vérité.
L’Esprit Saint, c’est donc la Trinité vécue,
le moment où la relation n’est plus théorie, mais alchimie intérieure,
où le moi devient UnDivisible,
habité par l’Unique sans se prendre pour l’Unique.
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4. Deux corps, deux esprits, une loi de génération
Voici une analogie montrant une loi symbolique.
– Au niveau physique des corps :
2 corps (père et mère) s’unissent,
1 corps (mère) porte et façonne,
1 corps nouveau apparaît, l’enfant.
– Au niveau métaphysique de l’esprit :
2 esprits se présentent,
le moi créé et Lui, l’Esprit Un
Leur union, sous l’action de l’Esprit Saint, engendre
1 nouvel esprit
non plus seulement l’ego, non pas Dieu diminué
mais l’homme divinement inspiré.
On pourrait oser cette formule :
– Deux esprits entrent dans la matrice.
– Le moi et Lui.
– Le moi cesse de se croire père.
– Il se laisse porter par Lui.
– De cette « grossesse de conscience » naît un esprit nouveau
– « enfanté de Dieu », non pas un titre honorifique,
– mais la participation réelle à Sa Conscience.
Ici, la « mère » est la conscience humaine
la « matrice » est le cœur, le lieu intérieur où l’Esprit vient informer, habiter, transformer.
Le Père donne l’Être
le Fils offre la forme, la singularité
l’Esprit Saint opère la fusion, la transfiguration
pour faire de la créature un co‑créateur conscient (où « créature porte en elle les lettres de créateur », dans un sens différent).
5. Tout-en-Un : la Trinité comme pédagogie du Un
Vu sous cet angle, la Trinité n’est plus un problème mathématique , « trois égale un »,
mais une pédagogie du Tout-en-Un.
– Le Père montre que ‘Dieu’ est au‑delà de tout, l’Absolu
– Le Fils montre que ‘Dieu’ peut être avec nous, dans un visage, une histoire, une chair
– L’Esprit Saint montre que ‘Dieu’ veut être en nous, au plus intime de notre esprit
Ce n’est pas trois formes de Dieu, c’est le même Dieu, « Un même Dieu«
saisi selon trois modalités : Lui, moi et Lui en moi.
Dans un langage renouvelé, ce n’est pas une « division de Dieu »,
c’est une description de la façon dont l’Unique se laisse approcher par une conscience divisée
pour ramener cette conscience à l’Un.
La Seule division qui produit la Réalité :
« 1 divisé par 2 = ꚙ », avec « Un = Infini » et « Deux=Un+un », où « Deux = Dieu ».

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